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Ou plutôt une histoire de supermarché.
Hier, carrefour de la bouffe sanctifiée.
Après avoir couru après des poires et des morceaux de bidoche,passage à la caisse. Fallait pas que je m'étonne qu'à vingt heures un mercredi il y ait la queue partout. Le présentoir à chewing-gums m'inspire du coup beaucoup d'intérêt. Pourquoi chercher à faire toujours plus frais? Autant siroter de l'azote liquide tous les matins et le problème d'haleine de chacal serait réglé. "Mâche moi et ta vie changera".
Sauf que. Coincée entre Hollywood et le royaume de la dent libre, des pellicules photo dévellopées ont été perdues/oubliées.
Un petit bout de la vie d'inconnus,en inversé.
Des photos d'anniversaire, une gamine qui souffle ses quatre printemps, des déballages de cadeaux et des scènes de groupe. Qui n'a jamais rêvé de tomber sur des témoignages de ce genre dans sa vie?
Dans un lieu aussi froid et indifférent, c'est la preuve que l'on peut encore espérer de l'attention, entre des gosses qui envient odieusement et des petits vieux qui recomptent leur trois sous de retraite. Mais est ce que j'ai vraiment le droit de les regarder, de les utiliser ces photos? Ces gens, je ne les connais pas. Ces négatifs ont sans doute été perdus par inadvertance, alors est ce que j'ai vraiment le droit de les utiliser? Le droit je ne sais toujours pas, la possibilité oui. Et puis sa serait bête de les oublier, une photo est faite pour être vue pas pour être cachée. Il y en a à qui sa fait sourir pour le temps qu'elles rattrapent, moi c'est pour le temps qu'elles donnent.